Sécurité des API

Les fondamentaux à maîtriser en 2025

L’exposition des API n’a cessé de croître ces dernières années, à mesure que les organisations adoptent le cloud, les micro services, les architectures orientées événements et l’automatisation à grande échelle. Dans ce contexte, les API sont devenues des cibles privilégiées des attaquants, qu’il s’agisse d’acteurs opportunistes ou de menaces persistantes avancées.

Voici une synthèse des points techniques à connaître et des mesures à anticiper en 2025, pour toute équipe en charge de la sécurité des systèmes exposés par API.

1. API : une surface d’attaque majeure

Les API sont aujourd’hui omniprésentes dans les environnements cloud, mobiles, SaaS ou DevOps. Chaque point de terminaison représente un vecteur potentiel d’intrusion, d’abus fonctionnel ou de fuite de données. Les attaquants ciblent les API pour contourner les contrôles classiques, interroger massivement les systèmes, compromettre la logique métier ou s’infiltrer par la chaîne d’approvisionnement.

L’absence de cartographie précise, le shadow IT et la complexité des flux font des API un périmètre difficile à défendre.

2. OWASP API Top 10 : les vulnérabilités critiques à surveiller

La version la plus récente de l’OWASP API Security Top 10 met en lumière des failles particulièrement répandues :

  • BOLA (Broken Object Level Authorization) : accès non autorisé à des ressources via manipulation d’ID.
  • Broken Authentication : gestion inadéquate des jetons, session hijacking, contournement MFA.
  • Excessive Data Exposure : exposition de données sensibles non filtrées dans les réponses JSON.
  • Lack of Rate Limiting : absence de limitation des appels favorisant brute force ou déni de service.
  • Mass Assignment : injection de propriétés inattendues dans des objets via des requêtes JSON.
  • Security Misconfiguration : interfaces Swagger exposées, headers de sécurité absents, logs verbeux.

Ces vulnérabilités sont à l’origine de nombreuses compromissions documentées dans des environnements réels.

3. Menaces émergentes en 2025

La sophistication croissante des attaques passe par l’automatisation et l’usage détourné de l’intelligence artificielle :

  • Automatisation de campagnes de scraping et de fraude applicative via des bots avancés.
  • Détection et exploitation automatisée de failles logiques via fuzzing assisté par IA.
  • Augmentation du nombre d’API non inventoriées (shadow APIs).
  • Attaques indirectes via les API de partenaires ou de prestataires (chaîne d’approvisionnement).

4. Contremesures recommandées

La sécurisation des API repose sur une approche en couches, combinant architecture, monitoring, validation et contrôle d’accès.

  • Cartographie complète et dynamique des API exposées.
  • Authentification forte (OAuth2, mTLS, JWT à expiration courte).
  • Mécanismes de limitation (rate limiting, quotas, throttling) adaptés à chaque usage.
  • Monitoring comportemental, alertes sur usage anormal, corrélation dans les SIEM.
  • Revue régulière des journaux d’accès et des erreurs.
  • Tests continus : fuzzing, DAST, analyse de logique métier, intégrés aux chaînes CI/CD.

5. Questions fréquentes à anticiper

Les problématiques techniques récurrentes sur le terrain incluent :

  • Une API Gateway suffit-elle à garantir la sécurité des flux applicatifs ?
  • Comment arbitrer entre OAuth2, OIDC, mTLS pour les différents cas d’usage ?
  • Quelle couverture pour les attaques basées sur la logique métier ?
  • Que faire lorsqu’un partenaire expose une API vulnérable que l’on consomme ?
  • Un audit annuel est-il suffisant dans un contexte DevOps et déploiement continu ?

6. Références techniques à consulter